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Le requin

Ils ont une réputation exécrable (l'origine du mot requin était d'ailleurs expliquée, au XVIIe siècle, par le fait que " quand on est mordu par un requin, il n'y a rien d'autre chose à faire qu'à chanter le requiem " !). Pourtant les espèces de requins véritablement dangereuses pour l'homme sont très peu nombreuses. En revanche, plusieurs espèces sont menacées par l'homme, à cause d'une pêche excessive. n. m. Poisson qui, au sein de la classe des chondrichtyens (poissons au squelette cartilagineux), possède des fentes branchiales situées en position latérale. C'est par ces fentes que ressort l'eau qui a traversé les branchies, y apportant l'oxygène nécessaire à la respiration. Leur position est à l'origine du nom pleurotrèmes, qui désigne également les requins (pleuro- étant le préfixe d'origine grec signifiant " côté ") et du nom hypotrèmes, qui désigne les raies, lesquelles ont des fentes branchiales en position ventrale (hypo- signifiant " dessous "). Raies et requins constituent la sous-classe des élasmobranches, ou sélaciens. Les requins vivent plutôt dans les mers chaudes, mais on les trouve aussi dans les eaux tempérées ou froides (à l'exception de l'Antarctique). Quelques espèces peuvent vivre en eau saumâtre ou même en eau douce. Les premiers requins apparurent sur la Terre au cours de l'ère primaire, il y a presque 400 millions d'années. On en compte actuellement 370 espèces environ, réparties en trente familles et huit ordres, que l'on peut regrouper dans trois grands groupes. Les requins, parfois pêchés à la ligne ou au fusil-harpon par les sportifs, font aussi l'objet d'une pêche industrielle au moyen de filets. Les nageoires (ou ailerons) sont un élément apprécié de la gastronomie chinoise. La chair peut être consommée telle quelle ou transformée en farine. Le foie, souvent très développé, fournit une huile très riche en vitamine A, recherchée pour ses vertus thérapeutiques, mais aussi pour la fabrication des peintures et le traitement des peaux. La peau des requins, appelée " peau de chagrin ", était autrefois employée comme abrasif, car elle est recouverte de nombreux denticules ; elle est utilisée en maroquinerie de luxe. Principales caractéristiques À l'inverse de la plupart des raies, qui ont un corps aplati, la majorité des requins ont un corps fusiforme et frappent par l'élégance et l'hydrodynamisme de leur silhouette. Certains se distinguent toutefois par un corps plus globuleux, aplati, ou de section triangulaire, ou par la forme particulière de leur tête (requin-marteau). La longueur varie beaucoup selon les espèces : le requin nain (Squaliolus laticaudus) mesure environ 20 cm tandis que le requin-baleine atteint fréquemment 15 m. Le corps se prolonge à l'arrière par un robuste pédoncule soutenant la nageoire caudale, qui est en général nettement hétérocerque (le lobe supérieur est plus grand que l'inférieur). De part et d'autre de la tête et du corps s'ouvrent les yeux et les fentes branchiales, dont le nombre varie de cinq à sept paires. De nombreux requins sont plus denses que l'eau et doivent nager sans cesse pour ne pas couler. Certaines espèces, toutefois, accumulent dans leur foie une graisse très peu dense, appelée squalène, qui leur donne une densité proche de celle de l'eau et leur permet de flotter sans trop s'agiter. Alimentation. Quelques espèces filtreuses se nourrissent uniquement de plancton, c'est-à-dire des organismes, généralement de petite taille, flottant passivement en pleine eau. Ces requins nagent la bouche grande ouverte, avalant de grosses quantités d'eau (près de 2 000 t à l'heure, pour certaines grosses espèces). Tandis que l'eau est rejetée par les fentes branchiales, les organismes planctoniques qu'elle contenait sont retenus grâce à des épines situées sur les branchies. La plupart des requins toutefois sont des prédateurs voraces, exclusivement carnivores, qui ont des dents redoutables. Celles-ci sont disposées sur plusieurs rangées, les premières rangées étant fonctionnelles et les suivantes étant composées de dents de remplacement. Organes des sens. Les requins possèdent toute une batterie d'organes sensoriels, qui leur sont très utiles pour repérer leurs proies. Ils ont une très bonne vision dans les conditions de faible luminosité dans lesquelles ils vivent. Leur sens olfactif est particulièrement développé, de telle sorte qu'ils peuvent détecter de très faibles concentrations de sang dans l'eau. Les organes sensoriels de la ligne latérale (le long des flancs) leur permettent de percevoir des vibrations sonores, provenant de plus de 2 kilomètres. Ils possèdent également des organes sensoriels très particuliers, les ampoules de Lorenzini, qui sont sensibles aux champs électriques de faible intensité produits par les contractions des muscles de leurs proies. Reproduction. Une partie des nageoires pelviennes des mâles est modifiée pour former un organe copulateur, appelé ptérygopode, qui permet d'assurer une fécondation interne. La plupart des espèces de requins sont vivipares, c'est-à-dire que les embryons se développent à l'intérieur du corps de la mère, qui leur fournit, au moins en partie, leur nourriture (les échanges sont parfois limités aux gaz et à l'eau, mais certaines espèces ont de véritables placentas qui apportent aux embryons tous leurs nutriments). Les hexanchiformes Ils sont caractérisés par la présence de six ou sept paires de fentes branchiales et d'une seule nageoire dorsale. Les requins de la famille des hexanchidés, dont la bouche occupe une position ventrale, portent une encoche sur la nageoire caudale. Dans cette famille figure le requin griset (Hexanchus griseus), appelé plus simplement " griset ", un requin à six paires de fentes branchiales, qui peut atteindre 5 m de long et peser environ 700 kg. Il habite l'Atlantique et la Méditerranée, entre 200 m et 1 000 m de profondeur. Sa chair a des propriétés purgatives. Les requins de la famille des chlamydosélachidés ont une bouche terminale et n'ont pas d'encoche sur la caudale ; leur corps est très allongé, cylindrique et serpentiforme. Les galéiformes Ce sont les requins typiques, qui possèdent cinq paires de fentes branchiales, deux nageoires dorsales et une nageoire anale. Requin-taureau et autres odontaspididés. Les requins de la famille des odontaspididés, ou requins de sable, ont des dents en forme de poignard qui saillent hors de la bouche. Très agressifs, vivant en bandes près des côtes des mers chaudes (ils sont rares en Méditerranée), ils peuvent être dangereux pour l'homme. Citons, à titre d'exemples, le requin-taureau (Odontaspis taurus), d'une longueur de 3 m pour un poids de 150 kg et plus, et le requin féroce (O. ferox), plus imposant avec ses 4 m et ses 300 kg. Requins-taupes, requin blanc et autres lamnidés. Chez les requins-taupes, ou requins à maquereaux, constituant la famille des lamnidés (ou isuridés), la deuxième dorsale et la nageoire anale sont réduites et la caudale est formée de deux lobes extérieurement égaux. Le profil de ces poissons évoque celui de la carlingue de certains avions ou de la coque d'un sous-marin. Ils poursuivent d'une allure rapide les bancs de poissons et se montrent envers eux d'une grande voracité. En Atlantique et en Méditerranée, le requin-taupe commun (Lamna nasus), encore appelé " lamie ", " touille " ou " taupe de mer ", atteint 4 mètres Il ne semble pas dangereux pour l'homme. Il est pêché dans le Nord pour l'huile que fournit son foie, pour son cuir et pour sa chair que l'on consomme fraîche, salée ou fumée. Le grand requin blanc (Carcharodon carcharias) est l'un des requins les plus redoutables pour l'homme. Il hante les mers tropicales, mais se rencontre occasionnellement dans les mers tempérées comme l'Atlantique. Long de 10 m environ, pesant plus de 3 t, il a une bouche armée d'une rangée de dents verticales, triangulaires, plates et crénelées, et de trois ou quatre rangées de dents de remplacement. Long de 4 m, pesant 500 kg, le requin-taupe bleu (Isurus oxyrhynchus) est assez commun sur les côtes de l'Europe. Cet animal, qui vit en haute mer, assez près de la surface, est recherché par les amateurs de pêche sportive. Sa chair blanche est estimée. Requin-baleine. Cette espèce (Rhincodon typus) constitue à elle seule la famille des rhincodontidés. Ses deux nageoires dorsales sont placées bien à l'arrière du corps et la caudale a des lobes égaux. Avec une longueur qui peut atteindre 18 m, un poids qui peut dépasser 10 t, le requin-baleine est le plus grand poisson du monde. Mais il se nourrit exclusivement de plancton et il est totalement inoffensif pour l'homme ! Ses dents nombreuses et très petites semblent avoir perdu toute fonction. Il vit dans les mers tropicales, où il est toutefois devenu assez rare. Requin-pèlerin, ou pèlerin. Cette espèce (Cetorhinus maximus) est la seule de la famille des cétorhinidés. Il se distingue par la position très antérieure de sa première dorsale et par ses fentes branchiales qui contournent entièrement les côtés de la tête et se rejoignent presque sous la gorge, formant des collerettes. C'est, après le requin-baleine, le plus grand et le plus gros requin puisqu'il atteint 15 m pour 8 tonnes. Comme ce dernier, il filtre l'eau et se nourrit de plancton. Il nage très lentement, souvent en surface. C'est un poisson plutôt nordique que l'on rencontre communément jusque dans le golfe de Gascogne et la Méditerranée. Chassé pour l'huile que contient son foie, il est actuellement menacé d'extinction. Renard de mer et autres alopiidés. Proches des lamnidés, les requins de la famille des alopiidés se reconnaissent à leur nageoire caudale très longue et fortement dissymétrique, et à la position des trois dernières paires de fentes branchiales, qui s'ouvrent au-dessus des pectorales. Le renard de mer (Alopias vulpinus) vit dans l'Atlantique et la Méditerranée, dans les eaux de surface. Il est inoffensif, mais donne cependant de grands coups de queue, technique qu'il utilise pour rassembler et étourdir ses proies. Roussettes et autres scyliorhinidés. Cette famille regroupe des requins de petite taille, assez indolents, se tenant près du fond dans les zones côtières. On les désigne souvent sous le nom de chiens de mer, nom qui porte à confusion, car il désigne plusieurs autres espèces de requins, appartenant à diverses familles. Les scyliorhinidés ont un corps élancé, une tête aplatie ; leurs dents, petites et nombreuses, sont disposées sur plusieurs rangées fonctionnelles. Fait assez rare chez les requins, les scyliorhinidés sont ovipares (le développement embryonnaire ne se passe pas à l'intérieur des voies génitales de la mère). L'oeuf rectangulaire est entouré d'une coque cornée qui porte à chacun de ses angles un filament permettant sa fixation sur les algues. Essentiellement méditerranéen, le chien espagnol (Galeus melastomus) atteint au plus 1 m de long. Il se reconnaît à l'intérieur de sa gueule, noirâtre. Font partie également de cette famille la petite roussette et la grande roussette (Scyliorhinus canicula et S. stellaris). Les triakidés, ou émissoles. Ce sont des requins de taille moyenne (1,50 m), aux dents plates et broyeuses. Assez indolents et inoffensifs, ils vivent sur les fonds côtiers. Ils sont peu recherchés car leur chair dégage une odeur d'urine à la cuisson. Trois espèces, très proches, appartiennent au genre Mustelus ; elles sont également appelées chien de mer. Requin bleu et autres carcharhinidés. Ce sont des requins d'assez grande taille, très voraces, qui peuvent s'attaquer à l'homme. Leurs dents, très tranchantes, ont les bords dentelés et seule la première rangée est fonctionnelle. La première nageoire dorsale est placée en avant des pelviennes, les yeux sont munis chacun d'une paupière qui se déplace horizontalement. Le plus grand est le requin bleu, ou peau bleue (Prionace glauca), qui peut atteindre jusqu'à 6 m, peut-être davantage. Son dos est d'un bleu ardoise, ses flancs bleu clair, et son ventre blanc. Ses nageoires pectorales, en forme de faucilles, sont particulièrement longues. Il vit en haute mer, pratiquement dans toutes les zones tropicales et tempérées, notamment dans les eaux européennes. Il n'est pas rare de voir émerger son aileron dorsal car il évolue fréquemment près de la surface, à la recherche de nourriture. Il est vorace et a la réputation d'être redoutable mais, en réalité, il attaque rarement l'homme. Le hâ (Galeorhinus galeus), ou milandre, qui peut atteindre 2 m de long, vit dans de nombreuses mers, en particulier dans l'Atlantique et la Méditerranée. C'est à cette famille qu'appartiennent aussi les requins d'eau douce du Gange, du Tigre, du Zambèze et de la Gambie, ainsi que du lac Nicaragua. Les requins-marteaux. Ils constituent la famille des sphyrnidés. Leur crâne, aplati dorso-ventralement, se prolonge sur les côtés par deux expansions, à l'extrémité desquelles sont situés les yeux et les narines. Ils vivent dans les mers chaudes, mais se rencontrent occasionnellement dans les eaux tempérées, à la saison chaude. Ils évoluent normalement au large, s'aventurant parfois dans les eaux côtières ou les estuaires. Ils sont considérés comme dangereux pour l'homme. Le requin-marteau commun (Sphyrna zygaena), qui atteint 4 m de long, s'approche des côtes européennes tempérées en été. Les squaliformes Ils sont très proches des précédents mais s'en distinguent par l'absence de nageoire anale. Ils se divisent en deux groupes : les squaloïdes, au corps fusiforme, et les squatinoïdes, au corps aplati comme celui des raies. Parmi les premiers, il faut citer l'aiguillat commun (Squalus acanthias), long d'un peu plus de 1 m, dont l'aiguillon venimeux porté en avant de chaque nageoire dorsale inflige des blessures douloureuses, voire mortelles. Il est commun dans l'Atlantique Nord. Le squale bouclé (Echinorhinus brucus) et le squale liche (Scymnorhinus licha) sont d'autres espèces de ce groupe vivant dans l'Atlantique et la Méditerranée. Le laimargue (Somniosus microcephalus), appelé aussi " appocalle ", ou " dormeur du Groenland " (à cause de son indolence), est l'un des rares requins à vivre dans les eaux froides, dans l'Atlantique Nord et jusqu'à l'Arctique. Dans le groupe des squatinoïdes, il faut citer la famille des squatinidés, ou anges de mer, qui ressemblent aux raies, par l'important développement de leurs nageoires pectorales et l'aplatissement du corps. Différentes caractéristiques les distinguent toutefois des raies : les pectorales ne sont pas soudées au corps vers l'avant, les fentes branchiales ne sont pas ventrales et la propulsion se fait grâce aux battements de la nageoire caudale, et non pas des nageoires pectorales. L'ange de mer commun (Squatina squatina) vit dans les eaux européennes.
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